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27/04/2014

Barbaries, maltraitances, xénophobies contre les Congolais de la RDC: Si le dictateur Sassou Nguesso arrive à placer son protéger Henry Lopez à la Francophonie, la RDC devra revoir sa participation !

Barbaries, maltraitances, xénophobies contre les Congolais de la RDC: Si le dictateur Sassou Nguesso arrive à placer son protéger Henry Lopez à la Francophonie, la RDC devra revoir sa participation !

RD Congolais au Beach Ngobila, les expulsés du dictateur Denis Sassou Nguesso

Le vrai problème de la République démocratique du Congo, c'est alias Joseph Kabila, l'incapacitaire de Kingakati. Cela fait treize ans que Louis Michel "Big Loulou" et la mafia internationale ont placé à la tête du Congo alias Joseph Kabila pour mieux piller ses ressources, sauf que l'intéressé n' a toujours pas appris le job. Usurpateur, fraudeur, tricheur, parachuté, illégitime et illégal ne connait pas les missions de la fonction de Président de la République, qu'il assume par défi et catapultage. Comme alias Joseph Kabila ne fait pas son boulot et ne sait même pas qu'il doit défendre les Congolais, les Résistants-Patriotes-Combattants Congolais du monde entier prennent leurs responsabilités: un méga sit-in est organisé le jeudi 30 avril 2014 devant l'ambassade de la République du Congo à Paris , sise au 37 bis rue Paul Valery dans le 16è arrondissement, Métro: Victor Hugo. Depuis le 4 avril des milliers de nos compatriotes RD Congolais sont refoulés dans des conditions infra-humaines par le régime du dictateur Denis Sassou Nguesso adepte de la dépigmentation de la peau, dans le cadre d'une opération au nom barbare: "Mbata ya Bakolo"-"gifles des aînés", qui était supposé traqué les sans papiers et hors la loi, uniquement RDciens ! Des nombreux cas de vols, viols, brimades et autres violences sont enregistrés. Réputées capitales les plus rapprochées au monde, Kinshasa et Brazzaville, Kinois et Brazzavillois se regardent en chiens de faïence et, à la limite, des frères ennemis.

RD Congolais au Beach Ngobila, les expulsés du dictateur Denis Sassou Nguesso

Pour mieux asseoir sa dictature Denis Sassou Nguesso vise la francophonie. Il souhaite placé son homme de main, Henry Lopez, ambassadeur du Congo-Brazzaville à la tête de l'organisation internationale de la Francophonie (OIF) en remplacement d'Abdou Diouf qui aura passé douze ans comme Secrétaire Général. Or la République démocratique du Congo est le plus grand pays francophone d'Afrique. Il faut réfuter la candidature d'Henry Lopez à la tête de l'OIF. Au pire s'il passe, la République démocratique du Congo devra suspendra sa participation, tant que c'est le dictateur Denis Sassou Nguesso qui va piloter l'OIF avec sa marionnette comme Secrétaire général.

RD Congolais au Beach Ngobila, les expulsés du dictateur Denis Sassou Nguesso

Pour combien de temps encore Denis Sassou Ngessou continuera-t-il à piller les ressources du Congo en toute impunité ? A la tête du Congo depuis 1979, excepté un intermède entre 1992 et 1997, Sassou Nguesso se distingue particulièrement par une boulimie de détournements de fonds publics. Ceux-ci sont notamment issus de la manne pétrolière dont l’envolée du prix en 2010 et 2011 a permis au pays d’enregistrer des taux de croissance du PIB de 10,2% et de 8,4% respectivement. Il n’est donc pas étonnant que Sassou Ngessou fasse l’objet d’une plainte en France pour "recel et détournement de fonds publics" par les associations Transparency International et Sherpa dans le cadre des biens mal acquis. Au-delà de ces détournements, Sassou Nguesso exacerbe les reflexes tribalistes et communautaristes qui rongent l'histoire du Congo depuis son indépendance. Ce pays au potentiel immense mérite mieux que cet homme à sa tête. Il faut que Sassou dégage !

Il faut empêcher par tous les moyens que le dictateur Denis Sassou Nguesso fasse main basse sur l'OIF !

20:12 Écrit par reveilfm | Tags : freddy mulongo, rdc, congo-brazzaville | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | | |

04/01/2013

Affaire Ambassade de Berne: Sébastien Mutomb Mujing s'est-il tiré une balle dans le pied ?

Affaire Ambassade de Berne: Sébastien Mutomb Mujing s'est-il tiré une balle dans le pied ?

Son récent séjour à Kinshasa en République démocratique du Congo l'a peut-être assagi, les jours, semaines et mois qui viennent seront déterminants. En effet, Joseph Kabila a été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle du 28 novembre dernier. Son second hold-up électoral n'a pas laissé indifférent les Congolais résidant en Suisse. Pour manifester leur désapprobation, au lieu de manifester dans la rue, ils sont allés faire un sit-in à Berne dans l'enceinte de l'ambassade de la République démocratique du Congo pour dénoncer les fraudes massives qui ont émaillées la réélection de Joseph Kabila. Le 10 décembre 2011, de manière spontanée s'était rendu à l'ambassade de la RDC à Berne. Il n'y a jamais eu violences physiques du personnel de l’ambassade ni dégâts matériels sur les biens de celle-ci. D'ailleurs l'ambassade de la RDC est une villa abandonnée. Les herbes folles poussent tellement rien n'est étonnant si un jour, on y découvrait des serpents venimeux, des biches ou antilopes. La manifestation pacifique des Congolais n’a pas porté atteinte à la liberté de parole ni de mouvement de Sébastien Mutomb Mujing, le chargé d’affaire a.i de l’ambassade ou des autres membres du personnel. Les manifestants Congolais n’avaient même pas occupé les bureaux de l’ambassade. Ils sont restés dans la cour de celle-ci dont l’accès n’était pas bloqué par un portail fermé. Ils n’ont pas obstrué les voies d’accès aux bâtiments de l’ambassade pour permettre l’entrée et la sortie du personnel. Les Congolais de Suisse avaient porté des bandeaux rouges sur la tête en signe de deuil et de solidarité avec les 8 millions de morts Congolais, depuis que Joseph s'incruste par défi et force à la tête de la République démocratique du Congo.

Sébastien Mutomb Mujing, Chargé d'Affaires a.i de Joseph Kabila à l'Onu-Genève. Photo Réveil FM, archives

L'irréductible Jean-Claude Kalala a apposé une opposition à l'accusation de violation de domicile de Sébastien Mutomb Mujing

Deux écueils tout de même dans l'accusation farfelue de violation de domicile que brandit le Chargé d'Affaires a.i de Joseph Kabila:

1. Pourquoi Sébastien Mutomb Mujing qui est le Chargé d'Affaires a.i de Joseph Kabila à l'Onu-Genève a-t-il eu l'outrecuidance d'aller porter plainte contre les Congolais anti-Kabila dans le canton de Berne ? Sébastien Mutomb Mujing ne réside-t-il pas place des Ch... à Genève ? Depuis quand l'ambassade de la RDC est sa résidence ? Depuis quand a-t-il été nommé Chargé d'Affaires de la RDC en Suisse ? Pourquoi avoir chargé ses compatriotes avec de fausses accusations: violation de domicile, actes de banditisme, casse de matériels, vols...alors même que l'ambassade de la RDC à Berne est une villa fantôme !

2. Sébastien Mutomb Mujing s'est-il tiré une balle dans le pied ? La majorité de Congolais qui réfutent son accusation et son autorité, ils sont résidents en Suisse depuis une trentaine voire vingtaine d'années. C'est dans les années quatre vingt que la République du Zaïre acquis la coquette villa pour y installée l'ambassade et la résidence pour l'ambassadeur. C'est Jonas Mukamba qui fut ambassadeur à l'époque. N'oublions pas que le Maréchal Mobutu Se se Seko était résident en Suisse, il y passait plusieurs séjours par an. La résidence de l'ambassadeur fut vendue du vivant de Mobutu, il ne reste plus que cette petite villa qui abrite l'ambassade dont la dernière couche de peinture date de Mathusalem. A l'époque, Sébastien Mutomb Mujing était encore dans l'enseignement, sans doute dans son Likasi natal. Comment ose-t-il accuser les Congolais de Suisse de violation de domicile ? La villa de l'ambassade de Berne est-elle sa résidence privée ? L'a-t-il hérité de ses parents ? A-t-il le titre de propriété de cette villa ?

Ils sont plusieurs Congolais à avoir écrit au Procureur adjoint Ludovic Schmied du Ministère Public Ministère public de la Confédération MPC pour apposer l'opposition aux allégations de Mutomb Mujing. Nous publions la lettre d'opposition de Jean-Kalala Muayika pour vous montrer la teneur de sa réfutation.

 

Ministère public de la Confédération MPC

Ludovic Schmied

Taubenstrasse 16

3003 Berne

Zurich, le 14.12.2012

Objet : Opposition contre l’ordonnance pénale du 30 novembre 2012 dans la procédure n° SV.12.0688-SCL.

Monsieur Jean-Claude Kalala (ci-après : l’opposant) élève opposition contre l’ordonnance pénale du 30 novembre 2012 (Pièce 1) et invoque à cette fin :

I. CONCLUSIONS

L’opposant conclut à ce qu’il PLAISE AU PROCUREUR ADJOINT DU MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION

A. Préliminairement

Accorder l’assistance juridique à Monsieur Jean-Claude Kalala.

Mettre à la disposition de Monsieur Jean-Claude Kalala pour consultation le dossier de la procédure. Ensuite de quoi, lui accorder un délai de 30 jours pour compléter son opposition.

B. A la forme

Déclarer la présente opposition recevable.

C. Au fond

Principalement

Annuler l’ordonnance pénale du 30 novembre 2012 dans la procédure n° SV.12.0688-SCL.

Libérer Monsieur Jean-Claude Kalala de toute condamnation.

Mettre les frais à la charge de la Confédération.

Subsidiairement

Rendre une ordonnance de classement de la plainte pénale déposée par Monsieur Mutomb Mujing, chargé d’affaires a.i. de l’Ambassade de la République Démocratique du Congo.

II. EN FAIT

A titre liminaire, l’opposant renvoie, aux fins d’appuyer les faits invoqués dans la présente opposition, Monsieur le Procureur adjoint aux offres de preuves figurant dans le dossier déjà constitué.

1. Depuis 1997, la République Démocratique du Congo est occupée par des armées du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi qui ont porté au pouvoir les autorités actuelles du Congo.

2. La guerre provoquée par cette occupation a provoqué plus de 8 millions de morts parmi le peuple congolais.

3. Les Congolais de Suisse ont organisé plusieurs manifestations pour dénoncer ce que d’aucuns ont appelé le génocide du peuple congolais.

4. Le 26 novembre 2011, le pouvoir en place à Kinshasa a ordonné à ses sbires de tirer sur la foule qui manifestait pour réclamer des élections démocratiques et transparentes. Plusieurs parents des membres de la communauté congolaise de Suisse ont été tués et blessés.

5. En date du 28 novembre 2011 se sont tenues en République Démocratique du Congo des élections présidentielles à un tour et des élections au parlement.

6. En date du 6 décembre 2011, des résultats des élections présidentielles ont été proclamée par le Bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI)

7. Lesdits résultats ont été contestés par plusieurs observateurs internationaux et nationaux : la Commission Européenne, le Centre Carter, l’APRODEC, etc.

8. Des violences organisées par le pouvoir en place ont provoqué la mort de plusieurs dizaines de Congolais (Pièce 2 : DVD des images de la TV Al Jazeera).

9. En date du 10 décembre 2011, date de la célébration du 63e anniversaire de la déclaration universelle de droits de l’homme du 10 décembre 1948, les Congolais vivant en Suisse, pays dépositaire des instruments des droits humanitaires, ont décidé spontanément après la tricherie des élections présidentielles par la bande à Kabila et consorts à Kinshasa de s’exprimer par un sit-in dans le seul endroit qui représente nos racines en Suisse, l’Ambassade de la RDC à Berne.

10. Les Congolais vivant en Suisse se sont réunis également en signe de deuil des familles meurtries par la perte de plusieurs de leurs membres et en signe de solidarité avec ceux d’entre eux qui étaient directement éprouvés par les membres de leurs familles morts ou blessés, et pour réclamer la démocratie en RDC et dénoncer les crimes de sang du pouvoir en place (Preuves : audition de l’opposant et des témoins dont il précisera ultérieurement les coordonnées).

III. EN DROIT

A. Préliminairement

L’opposant requiert l’assistance judiciaire pour assurer la défense de ses intérêts dans le cadre de la présente procédure. Il a déjà exposé sa situation financière lors de ses auditions par la police de Berne et par Monsieur le Procureur adjoint. Il fournira les preuves à ce sujet dès première réquisition.

B. A la forme

1. L’opposant est directement touché par l’ordonnance pénale du 30 novembre 2012. Il en est le destinataire.

2. Le délai de dix jours pour faire opposition est respecté, l’ordonnance pénale ayant été reçue le 5 décembre 2012.

C. Au fond

Aux termes de l’art. 319 al. 1 let. c du code de procédure pénale (CPP), « Le ministère public ordonne le classement de tout ou partie de la procédure lorsque des faits justificatifs empêchent de retenir une infraction contre le prévenu ». L’art. 319 al. 1 let. e CPP prévoit par ailleurs que « Le ministère public ordonne le classement de tout ou partie de la procédure lorsqu’on peut renoncer à toute poursuite ou à toute sanction en vertu de dispositions légales ».

Aux termes de l’art. 14 du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP - RS 311.0), « Quiconque agit comme la loi l’ordonne ou l’autorise se comporte de manière licite, même si l’acte est punissable en vertu du présent code ou d’une autre loi ».

Selon l’art. 17 CP, « Quiconque commet un acte punissable pour préserver d’un danger imminent et impossible à détourner autrement un bien juridique lui appartenant ou appartenant à un tiers agit de manière licite s’il sauvegarde ainsi des intérêts prépondérants ».

A teneur de l’art. 52 CP, « Si la culpabilité de l’auteur et les conséquences de son acte sont peu importantes, l’autorité compétente renonce à le poursuivre, à le renvoyer devant le juge ou à lui infliger une peine ».

La jurisprudence du Tribunal fédéral considère que le concept de loi qui figure à l'art. 14 CP s'entend dans le sens matériel du terme. La jurisprudence et la doctrine ne se sont en revanche jamais demandé si une norme de rang constitutionnel, dans la mesure où elle déploie des effets horizontaux, constitue une loi au sens de l'art. 14 CP. Par ailleurs, un motif justificatif non prévu par la loi, comme la sauvegarde d'intérêts légitimes, doit être interprété restrictivement et est soumis à des exigences particulièrement sévères dans l'appréciation de la subsidiarité et de la proportionnalité. Les conditions sont réunies uniquement lorsque l'acte illicite ne constitue pas seulement un moyen nécessaire et approprié pour la défense d'intérêts légitimes d'une importance nettement supérieure à celle des biens protégés par la disposition violée, mais que cet acte constitue encore le seul moyen possible pour cette défense. Ces conditions sont cumulatives (Arrêt du Tribunal fédéral 6B_768/ 2011 du 24 septembre 2012 et ATF 127 IV 166 consid. 2b et les références citées).

1. Interdiction de la torture et de tout autre traitement ou peine cruels, inhumains ou dégradants (art. 3 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH ; RS 0.101) et art. 10 al. 3 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. ; RS 101)).

En l’espèce, la question d’une base légale qui permettait aux Congolais de Suisse de manifester contre les comportements interdits par la Cst. et la CEDH se pose dans la mesure où cette interdiction devrait accorder à tout citoyen le droit de s’opposer de manière légitime et licite à la torture, aux traitements cruels, inhumains et dégradants. Même si cette interdiction est de rang constitutionnel, elle déploie des effets horizontaux et verticaux, car on ne saurait exiger d’un citoyen de renoncer à s’opposer à la torture ou autre traitement cruel, inhumain ou dégradant qu’ils proviennent d’un organe étatique ou d’un simple particulier.

Ainsi, l’art. 3 CEDH et l’art. 10 al. 3 Cst. constituaient des bases légales au sens de l’art. 14 CP autorisant les Congolais de Suisse de se rassembler pacifiquement pour dénoncer les comportements des autorités congolaises prohibées par la CEDH dont la Suisse est signataire et qui déploie des effets directs et la Cst...

L’existence d’intérêts légitimes permettrait en outre d’aboutir au même résultat.

2. Défense d’intérêt légitime d’une importance nettement supérieure à celle des biens protégés par la disposition violée (proportionnalité)

L’ordre juridique suisse reconnaît que la vie est un bien juridique bénéficiant d’une protection absolue (art. 2 al. 1 CEDH, art. 10 al. 1 Cst.). Le législateur suisse a concrétisé cette protection absolue par la répression du meurtre (art. 111 CP), de l’assassinat (art. 112), du génocide (art. 264 CP), etc.. Il est admis en droit suisse que la protection de la vie prime sur celle des autres biens juridiques comme le patrimoine, l’honneur ou la liberté.

En l’espèce, le 10 décembre 2011, plusieurs Congolais de Suisse venaient d’apprendre que les membres de leurs familles avaient été tués par les forces de Kabila, d’autres avaient été gravement blessés et torturés. La répression du pouvoir en place prenait chaque jour plus d’ampleur depuis la proclamation des résultats des élections. Les Congolais de Suisse se trouvaient dans un état de force majeure pour dénoncer les crimes de sang commis en RDC et sensibiliser la communauté internationale et suisse en particulier pour que ces crimes de génocide s’arrêtent. Ils étaient directement touchés au sein de leurs familles restées en RDC. Ils se sont dès lors réunis de manière spontanée et sans violences physiques au personnel de l’ambassade ou dégâts matériels sur les biens de celle-ci. Ce moyen était nécessaire et approprié à l’urgence de la défense de la vie des membres de leurs familles et des autres Congolais restés en RDC.

La manifestation n’a pas porté atteinte à la liberté du chargé d’affaire a.i de l’ambassade ou des autres membres du personnel. Les manifestants n’ont pas occupé les bureaux de l’ambassade. Ils sont restés dans la cour de celle-ci dont l’accès n’était pas bloqué par un portail fermé. Ils n’ont pas obstrué les voies d’accès aux bâtiments de l’ambassade pour permettre l’entrée et la sortie du personnel. L’ordonnance querellée reconnaît du reste que la police est intervenue alors que les manifestants étaient entrain de lever le sit-in de l’ambassade.

Ainsi la défense de la vie de milliers de Congolais en RDC et la dénonciation du génocide (art. 264 CP) qui se commettait étaient des intérêts légitimes d’une importance nettement supérieure à celle de la liberté (art. 186 CP) du chargé d’affaire a.i et du personnel de l’ambassade qui n’ont pas, faut-il le souligner, été inquiétés par les manifestants ni été empêchés à vaquer à leurs occupations ou à se déplacer.

3. Seul moyen possible pour la défense de la vie et de la démocratie en RDC (subsidiarité)

Dans l’urgence, il n’y avait pas pour les manifestants un autre moyen de dénoncer la barbarie qui se commettait en RDC. Les manifestants ne pouvaient pas occuper le domaine public sans porter atteinte à l’ordre public suisse et sans perturber la circulation dans le périmètre de l’ambassade de RDC.

Le sit-in du 10 décembre 2011 n’a pas porté atteinte à l’ordre public.

Alors que le peuple congolais était massacré par les hommes de main de Kabila, le chargé d’affaires n’a pas protesté contre ces actes atroces. Les Congolais de Suisse qui ne pouvaient pas être au Congo pour montrer leur sympathie aux victimes de la répression devant les caméras du monde entier, ont manifesté leur solidarité dans l’enceinte de leur ambassade à Berne. C’était leur seule façon de porter secours à leurs compatriotes massacrés au Congo.

Cette circonstance est un fait justificatif qui rend licite le comportement de l’opposant, toute poursuite pénale contre lui pour violation de domicile doit être abandonnée. Le bien juridique qu’il voulait protéger, la vie de ses compatriotes congolais prime sur le patrimoine, l’ambassade, du reste propriété de la République Démocratique du Congo, son pays.

Le seul moyen de dénoncer dans les circonstances de force majeure dans lesquelles les manifestants se trouvaient le génocide en RDC était de se rassembler pacifiquement dans l’enceinte de l’ambassade de RDC pour éviter de perturber la circulation dans le périmètre de l’ambassade ou de perturber l’ordre public suisse.

L’ordonnance querellée doit être annulée d’autant que lors de la manifestation du 10 décembre 2011, plusieurs membres de la communauté congolaise de Suisse venaient d’apprendre qu’ils avaient perdu des membres de leurs familles restés en RDC ou que ces derniers avaient été gravement blessés ou torturés.

4. Culpabilité et les conséquences peu importantes

L’opposant n’avait pas l’intention de violer le domicile de l’ambassade. Au demeurant, il est congolais et l’ambassade constitue une partie du territoire national auquel il a droit d’accéder.

A l’ambassade de la RDC, il n’y a eu ni violences physiques contre les personnes ni casse sur les bâtiments de l’ambassade. Votre ordonnance reconnaît que les manifestants chantaient et dansaient. De la part de l’opposant et de celle des autres Congolais qui manifestaient pacifiquement avec de banderoles exprimant la douleur et la souffrance, leur présence n’a pas causé un quelconque dommage à l’ambassade. Au demeurant, le dommage qu’aurait subi le chargé d’affaire a.i. et le personnel de l’ambassade est peu d’importance comparé à des milliers de morts au Congo et l’immense chagrin des membres de la communauté congolaise de Suisse qui venaient d’apprendre la mort des membres de leurs familles en RDC. La manifestation était organisée pour dénoncer ce génocide du peuple congolais.

Considérant tous ces éléments, il convient d’annuler votre ordonnance pénale du 30 novembre 2012 ou de prononcer le classement de la plainte pénale du chargé d’affaires a.i. qui veut se servir de la justice suisse pour empêcher les Congolais de manifester pacifiquement pour dénoncer le génocide du peuple congolais et la violation de la démocratie au Congo. Votre Ministère public ne peut pas par son ordonnance cautionner un tel comportement des fossoyeurs de la démocratie et des droits de l’homme au Congo.

Je vous prie de croire, Monsieur le Procureur fédéral adjoint, à l’assurance de ma considération respectueuse.

Jean-Claude Kalala

19/11/2012

Liberté d'information, quelle place pour la RDC? Ambroise Pierre, responsable Afrique de Reporters sans frontières se confie à Réveil FM International

Liberté d'information, quelle place pour la RDC? Ambroise Pierre, responsable Afrique de Reporters sans frontières se confie à Réveil FM International

Chaque année Reporters sans frontières établit sa liste des prédateurs de la liberté de la presse. Les prédateurs de la liberté de la presse considère les médias et journalistes comme leur proie. Autoritaires, puissants, dangereux, violents, nombrilistes, ils sont au-dessus des lois et font de la presse leur ennemi privilégié, leur bête noire. Ils sont responsables politiques d’un régime hostile aux libertés, organisateurs directs de campagnes de violences contre les journalistes, chevilles ouvrières d’un appareil de répression. Assassinat des journalistes, arrestations arbitraires, bâillonnement des médias... La République démocratique traîne en bas de l'échelle parmi les pays qui foulent aux pieds les droits et libertés fondamentaux des citoyens. Quelle place occupera-t-elle cette année dans le classement RSF? Ambroise Pierre, responsable Afrique de Reporters sans frontières était à Kinshasa en octobre dernier. Avant le XIVè Sommet de la Francophonie, "Reporters sans frontières (RSF) et Journalistes en Danger (JED) ont publié un rapport intutilé : " Monsieur Kabila, vous aviez pourtant promis de lutter contre l'impunité ". Pour ne pas attendre le prochain rapport du classement de chaque pays sur la liberté de presse, nous sommes allés à RSF pour s'enquérir sur l'évolution de la liberté de presse et d'information en République démocratique du Congo.

Ambroise Pierre, responsable Afrique de Reporters sans frontières. Photo Réveil FM

Dans ce rapport intitulé : « Monsieur Kabila, vous aviez pourtant promis de lutter contre l’impunité », les deux organisations rappellent la promesse faite par le président Kabila, à Montreux (Suisse), en octobre 2010 en clôture du XIIIe Sommet de la Francophonie, de lutter contre tous les crimes et attaques contre les journalistes.

Deux ans plus tard, RSF et JED constatent qu’aucune enquête sur un assassinat de journaliste en RDC n’a abouti au moindre résultat concluant, alors que le pays en a enregistré huit au cours de ces dernières années. Certains de ces assassinats ont été traités par des procès controversés tandis que d’autres n’ont jamais vu ne serait-ce qu’un début d’enquête. Dans ce rapport, RSF et JED affirment que la situation de la liberté de l’information s’est détériorée depuis l’année électorale 2011, et pointent du doigt l’Agence nationale des renseignements (ANR), des autorités locales et provinciales, ainsi que l’organe de régulation des médias, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), comme les principaux responsables des entraves à l’activité des médias.

Joseph Kabila, prédateur de la liberté d'information ?

"La grand-messe francophone se tient alors qu’un journaliste d’une chaîne privée (Patrick Palata), condamné à vingt ans de prison, est incarcéré à Kinshasa, et que deux de ses confrères (Fortunat Kasongo et Pierre Sosthène Kambidi) sont retenus depuis plus d’un mois par l’ANR. De même, le titre Le Journal est suspendu jusqu’à nouvel ordre et le signal d’une des principales chaînes d’opposition, la Radio Lisanga Télévision (RLTV), est coupé", écrivent Reporters sans frontières et JED.

Patrick Palata, journaliste de Canal Congo Télévision (CCTV), une chaîne privée émettant à Matadi, chef-lieu de la province du Bas-Congo (Sud-Ouest), est incarcéré depuis deux ans à la prison militaire de Ndolo, et condamné à vingt ans de servitude pénale pour « organisation d’un mouvement insurrectionnel ». Le journaliste a toujours clamé son innocence et la demande de grâce introduite par RSF et JED auprès de Joseph Kabila est restée sans suite.

En août dernier, deux journalistes ont été arrêtés dans le Kasaï, à cause d’une affaire concernant la défection d’un officier et la création, dans cette province, d’un mouvement armé. Fortunat Kasongo et Pierre Sosthène Kambidi ont été transférés à Kinshasa où ils sont détenus, tous les deux depuis près de deux mois, dans un cachot de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) sans aucune possibilité de visite ni de leurs proches ni de leurs avocats.

Enfin, en septembre, le signal de la Radio Lisanga Télévision (RLTV), une chaîne privée appartenant à Roger Lumbala, député et membre influent de l’opposition, a été coupé de façon inexpliquée au moment où ce média diffusait une émission intitulée « Tokomi wapi ? » (« où en sommes-nous arrivés ? ») avec comme invité le député de l’opposition José Makila, qui accusait le président Joseph Kabila de « haute trahison » pour avoir signé un « accord secret » avec son homologue rwandais Paul Kagame.

Pendant plusieurs jours, ni le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), ni le ministère chargé des Médias, interrogés, n’avaient revendiqué cet acte. Il a fallu attendre dix jours pour voir enfin le porte-parole du gouvernement et ministre en charge des Médias sortir de son mutisme pour justifier la coupure de la RLTV. Dans un arrêté ministériel qui a tout l’air d’avoir été antidaté (08/09/2012), le ministre accuse ce média de diffuser « en temps de guerre des émissions relayant la campagne médiatique des forces négatives du M23, de nature à démoraliser l’armée et la population ». Nulle part pourtant, le ministre ne donne ni la date, ni l’heure, ni le nom de l’émission incriminée. Ce qui confirme bien la thèse d’un coup de force politique destiné à faire taire un média qui dérange.

Dans le même état d’esprit de musèlement de la presse, RSF et JED rappellent l’expulsion en juillet 2012 à son arrivée à l’aéroport, du réalisateur belge Thierry Michel, auteur d’un film documentaire sur l’assassinat du célèbre défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya et l’interdiction de la diffusion de son film en RDC. Malgré les promesses faites dans ce sens par les autorités congolaises, Thierry Michel n’a toujours pas reçu son visa de retour en RDC et ne peut donc diffuser ce film censuré.

 

Au delà de la RDC, RSF et JED s’inquiètent plus généralement de la situation en Afrique centrale où la prison, les pressions et l’autocensure freinent le libre exercice du métier d’informer. C’est le cas, entre autres, du procès d’Hassan Ruvakuki au Burundi condamné à la prison à perpétuité, de l’incarcération de trois journalistes au Rwanda, des pressions sur Jean-Claude Nekim au Tchad, de l’immobilisme et du poids de la censure en Guinée équatoriale.