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04/01/2013

Affaire Ambassade de Berne: Sébastien Mutomb Mujing s'est-il tiré une balle dans le pied ?

Affaire Ambassade de Berne: Sébastien Mutomb Mujing s'est-il tiré une balle dans le pied ?

Son récent séjour à Kinshasa en République démocratique du Congo l'a peut-être assagi, les jours, semaines et mois qui viennent seront déterminants. En effet, Joseph Kabila a été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle du 28 novembre dernier. Son second hold-up électoral n'a pas laissé indifférent les Congolais résidant en Suisse. Pour manifester leur désapprobation, au lieu de manifester dans la rue, ils sont allés faire un sit-in à Berne dans l'enceinte de l'ambassade de la République démocratique du Congo pour dénoncer les fraudes massives qui ont émaillées la réélection de Joseph Kabila. Le 10 décembre 2011, de manière spontanée s'était rendu à l'ambassade de la RDC à Berne. Il n'y a jamais eu violences physiques du personnel de l’ambassade ni dégâts matériels sur les biens de celle-ci. D'ailleurs l'ambassade de la RDC est une villa abandonnée. Les herbes folles poussent tellement rien n'est étonnant si un jour, on y découvrait des serpents venimeux, des biches ou antilopes. La manifestation pacifique des Congolais n’a pas porté atteinte à la liberté de parole ni de mouvement de Sébastien Mutomb Mujing, le chargé d’affaire a.i de l’ambassade ou des autres membres du personnel. Les manifestants Congolais n’avaient même pas occupé les bureaux de l’ambassade. Ils sont restés dans la cour de celle-ci dont l’accès n’était pas bloqué par un portail fermé. Ils n’ont pas obstrué les voies d’accès aux bâtiments de l’ambassade pour permettre l’entrée et la sortie du personnel. Les Congolais de Suisse avaient porté des bandeaux rouges sur la tête en signe de deuil et de solidarité avec les 8 millions de morts Congolais, depuis que Joseph s'incruste par défi et force à la tête de la République démocratique du Congo.

Sébastien Mutomb Mujing, Chargé d'Affaires a.i de Joseph Kabila à l'Onu-Genève. Photo Réveil FM, archives

L'irréductible Jean-Claude Kalala a apposé une opposition à l'accusation de violation de domicile de Sébastien Mutomb Mujing

Deux écueils tout de même dans l'accusation farfelue de violation de domicile que brandit le Chargé d'Affaires a.i de Joseph Kabila:

1. Pourquoi Sébastien Mutomb Mujing qui est le Chargé d'Affaires a.i de Joseph Kabila à l'Onu-Genève a-t-il eu l'outrecuidance d'aller porter plainte contre les Congolais anti-Kabila dans le canton de Berne ? Sébastien Mutomb Mujing ne réside-t-il pas place des Ch... à Genève ? Depuis quand l'ambassade de la RDC est sa résidence ? Depuis quand a-t-il été nommé Chargé d'Affaires de la RDC en Suisse ? Pourquoi avoir chargé ses compatriotes avec de fausses accusations: violation de domicile, actes de banditisme, casse de matériels, vols...alors même que l'ambassade de la RDC à Berne est une villa fantôme !

2. Sébastien Mutomb Mujing s'est-il tiré une balle dans le pied ? La majorité de Congolais qui réfutent son accusation et son autorité, ils sont résidents en Suisse depuis une trentaine voire vingtaine d'années. C'est dans les années quatre vingt que la République du Zaïre acquis la coquette villa pour y installée l'ambassade et la résidence pour l'ambassadeur. C'est Jonas Mukamba qui fut ambassadeur à l'époque. N'oublions pas que le Maréchal Mobutu Se se Seko était résident en Suisse, il y passait plusieurs séjours par an. La résidence de l'ambassadeur fut vendue du vivant de Mobutu, il ne reste plus que cette petite villa qui abrite l'ambassade dont la dernière couche de peinture date de Mathusalem. A l'époque, Sébastien Mutomb Mujing était encore dans l'enseignement, sans doute dans son Likasi natal. Comment ose-t-il accuser les Congolais de Suisse de violation de domicile ? La villa de l'ambassade de Berne est-elle sa résidence privée ? L'a-t-il hérité de ses parents ? A-t-il le titre de propriété de cette villa ?

Ils sont plusieurs Congolais à avoir écrit au Procureur adjoint Ludovic Schmied du Ministère Public Ministère public de la Confédération MPC pour apposer l'opposition aux allégations de Mutomb Mujing. Nous publions la lettre d'opposition de Jean-Kalala Muayika pour vous montrer la teneur de sa réfutation.

 

Ministère public de la Confédération MPC

Ludovic Schmied

Taubenstrasse 16

3003 Berne

Zurich, le 14.12.2012

Objet : Opposition contre l’ordonnance pénale du 30 novembre 2012 dans la procédure n° SV.12.0688-SCL.

Monsieur Jean-Claude Kalala (ci-après : l’opposant) élève opposition contre l’ordonnance pénale du 30 novembre 2012 (Pièce 1) et invoque à cette fin :

I. CONCLUSIONS

L’opposant conclut à ce qu’il PLAISE AU PROCUREUR ADJOINT DU MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION

A. Préliminairement

Accorder l’assistance juridique à Monsieur Jean-Claude Kalala.

Mettre à la disposition de Monsieur Jean-Claude Kalala pour consultation le dossier de la procédure. Ensuite de quoi, lui accorder un délai de 30 jours pour compléter son opposition.

B. A la forme

Déclarer la présente opposition recevable.

C. Au fond

Principalement

Annuler l’ordonnance pénale du 30 novembre 2012 dans la procédure n° SV.12.0688-SCL.

Libérer Monsieur Jean-Claude Kalala de toute condamnation.

Mettre les frais à la charge de la Confédération.

Subsidiairement

Rendre une ordonnance de classement de la plainte pénale déposée par Monsieur Mutomb Mujing, chargé d’affaires a.i. de l’Ambassade de la République Démocratique du Congo.

II. EN FAIT

A titre liminaire, l’opposant renvoie, aux fins d’appuyer les faits invoqués dans la présente opposition, Monsieur le Procureur adjoint aux offres de preuves figurant dans le dossier déjà constitué.

1. Depuis 1997, la République Démocratique du Congo est occupée par des armées du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi qui ont porté au pouvoir les autorités actuelles du Congo.

2. La guerre provoquée par cette occupation a provoqué plus de 8 millions de morts parmi le peuple congolais.

3. Les Congolais de Suisse ont organisé plusieurs manifestations pour dénoncer ce que d’aucuns ont appelé le génocide du peuple congolais.

4. Le 26 novembre 2011, le pouvoir en place à Kinshasa a ordonné à ses sbires de tirer sur la foule qui manifestait pour réclamer des élections démocratiques et transparentes. Plusieurs parents des membres de la communauté congolaise de Suisse ont été tués et blessés.

5. En date du 28 novembre 2011 se sont tenues en République Démocratique du Congo des élections présidentielles à un tour et des élections au parlement.

6. En date du 6 décembre 2011, des résultats des élections présidentielles ont été proclamée par le Bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI)

7. Lesdits résultats ont été contestés par plusieurs observateurs internationaux et nationaux : la Commission Européenne, le Centre Carter, l’APRODEC, etc.

8. Des violences organisées par le pouvoir en place ont provoqué la mort de plusieurs dizaines de Congolais (Pièce 2 : DVD des images de la TV Al Jazeera).

9. En date du 10 décembre 2011, date de la célébration du 63e anniversaire de la déclaration universelle de droits de l’homme du 10 décembre 1948, les Congolais vivant en Suisse, pays dépositaire des instruments des droits humanitaires, ont décidé spontanément après la tricherie des élections présidentielles par la bande à Kabila et consorts à Kinshasa de s’exprimer par un sit-in dans le seul endroit qui représente nos racines en Suisse, l’Ambassade de la RDC à Berne.

10. Les Congolais vivant en Suisse se sont réunis également en signe de deuil des familles meurtries par la perte de plusieurs de leurs membres et en signe de solidarité avec ceux d’entre eux qui étaient directement éprouvés par les membres de leurs familles morts ou blessés, et pour réclamer la démocratie en RDC et dénoncer les crimes de sang du pouvoir en place (Preuves : audition de l’opposant et des témoins dont il précisera ultérieurement les coordonnées).

III. EN DROIT

A. Préliminairement

L’opposant requiert l’assistance judiciaire pour assurer la défense de ses intérêts dans le cadre de la présente procédure. Il a déjà exposé sa situation financière lors de ses auditions par la police de Berne et par Monsieur le Procureur adjoint. Il fournira les preuves à ce sujet dès première réquisition.

B. A la forme

1. L’opposant est directement touché par l’ordonnance pénale du 30 novembre 2012. Il en est le destinataire.

2. Le délai de dix jours pour faire opposition est respecté, l’ordonnance pénale ayant été reçue le 5 décembre 2012.

C. Au fond

Aux termes de l’art. 319 al. 1 let. c du code de procédure pénale (CPP), « Le ministère public ordonne le classement de tout ou partie de la procédure lorsque des faits justificatifs empêchent de retenir une infraction contre le prévenu ». L’art. 319 al. 1 let. e CPP prévoit par ailleurs que « Le ministère public ordonne le classement de tout ou partie de la procédure lorsqu’on peut renoncer à toute poursuite ou à toute sanction en vertu de dispositions légales ».

Aux termes de l’art. 14 du Code pénal suisse du 21 décembre 1937 (CP - RS 311.0), « Quiconque agit comme la loi l’ordonne ou l’autorise se comporte de manière licite, même si l’acte est punissable en vertu du présent code ou d’une autre loi ».

Selon l’art. 17 CP, « Quiconque commet un acte punissable pour préserver d’un danger imminent et impossible à détourner autrement un bien juridique lui appartenant ou appartenant à un tiers agit de manière licite s’il sauvegarde ainsi des intérêts prépondérants ».

A teneur de l’art. 52 CP, « Si la culpabilité de l’auteur et les conséquences de son acte sont peu importantes, l’autorité compétente renonce à le poursuivre, à le renvoyer devant le juge ou à lui infliger une peine ».

La jurisprudence du Tribunal fédéral considère que le concept de loi qui figure à l'art. 14 CP s'entend dans le sens matériel du terme. La jurisprudence et la doctrine ne se sont en revanche jamais demandé si une norme de rang constitutionnel, dans la mesure où elle déploie des effets horizontaux, constitue une loi au sens de l'art. 14 CP. Par ailleurs, un motif justificatif non prévu par la loi, comme la sauvegarde d'intérêts légitimes, doit être interprété restrictivement et est soumis à des exigences particulièrement sévères dans l'appréciation de la subsidiarité et de la proportionnalité. Les conditions sont réunies uniquement lorsque l'acte illicite ne constitue pas seulement un moyen nécessaire et approprié pour la défense d'intérêts légitimes d'une importance nettement supérieure à celle des biens protégés par la disposition violée, mais que cet acte constitue encore le seul moyen possible pour cette défense. Ces conditions sont cumulatives (Arrêt du Tribunal fédéral 6B_768/ 2011 du 24 septembre 2012 et ATF 127 IV 166 consid. 2b et les références citées).

1. Interdiction de la torture et de tout autre traitement ou peine cruels, inhumains ou dégradants (art. 3 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 (CEDH ; RS 0.101) et art. 10 al. 3 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst. ; RS 101)).

En l’espèce, la question d’une base légale qui permettait aux Congolais de Suisse de manifester contre les comportements interdits par la Cst. et la CEDH se pose dans la mesure où cette interdiction devrait accorder à tout citoyen le droit de s’opposer de manière légitime et licite à la torture, aux traitements cruels, inhumains et dégradants. Même si cette interdiction est de rang constitutionnel, elle déploie des effets horizontaux et verticaux, car on ne saurait exiger d’un citoyen de renoncer à s’opposer à la torture ou autre traitement cruel, inhumain ou dégradant qu’ils proviennent d’un organe étatique ou d’un simple particulier.

Ainsi, l’art. 3 CEDH et l’art. 10 al. 3 Cst. constituaient des bases légales au sens de l’art. 14 CP autorisant les Congolais de Suisse de se rassembler pacifiquement pour dénoncer les comportements des autorités congolaises prohibées par la CEDH dont la Suisse est signataire et qui déploie des effets directs et la Cst...

L’existence d’intérêts légitimes permettrait en outre d’aboutir au même résultat.

2. Défense d’intérêt légitime d’une importance nettement supérieure à celle des biens protégés par la disposition violée (proportionnalité)

L’ordre juridique suisse reconnaît que la vie est un bien juridique bénéficiant d’une protection absolue (art. 2 al. 1 CEDH, art. 10 al. 1 Cst.). Le législateur suisse a concrétisé cette protection absolue par la répression du meurtre (art. 111 CP), de l’assassinat (art. 112), du génocide (art. 264 CP), etc.. Il est admis en droit suisse que la protection de la vie prime sur celle des autres biens juridiques comme le patrimoine, l’honneur ou la liberté.

En l’espèce, le 10 décembre 2011, plusieurs Congolais de Suisse venaient d’apprendre que les membres de leurs familles avaient été tués par les forces de Kabila, d’autres avaient été gravement blessés et torturés. La répression du pouvoir en place prenait chaque jour plus d’ampleur depuis la proclamation des résultats des élections. Les Congolais de Suisse se trouvaient dans un état de force majeure pour dénoncer les crimes de sang commis en RDC et sensibiliser la communauté internationale et suisse en particulier pour que ces crimes de génocide s’arrêtent. Ils étaient directement touchés au sein de leurs familles restées en RDC. Ils se sont dès lors réunis de manière spontanée et sans violences physiques au personnel de l’ambassade ou dégâts matériels sur les biens de celle-ci. Ce moyen était nécessaire et approprié à l’urgence de la défense de la vie des membres de leurs familles et des autres Congolais restés en RDC.

La manifestation n’a pas porté atteinte à la liberté du chargé d’affaire a.i de l’ambassade ou des autres membres du personnel. Les manifestants n’ont pas occupé les bureaux de l’ambassade. Ils sont restés dans la cour de celle-ci dont l’accès n’était pas bloqué par un portail fermé. Ils n’ont pas obstrué les voies d’accès aux bâtiments de l’ambassade pour permettre l’entrée et la sortie du personnel. L’ordonnance querellée reconnaît du reste que la police est intervenue alors que les manifestants étaient entrain de lever le sit-in de l’ambassade.

Ainsi la défense de la vie de milliers de Congolais en RDC et la dénonciation du génocide (art. 264 CP) qui se commettait étaient des intérêts légitimes d’une importance nettement supérieure à celle de la liberté (art. 186 CP) du chargé d’affaire a.i et du personnel de l’ambassade qui n’ont pas, faut-il le souligner, été inquiétés par les manifestants ni été empêchés à vaquer à leurs occupations ou à se déplacer.

3. Seul moyen possible pour la défense de la vie et de la démocratie en RDC (subsidiarité)

Dans l’urgence, il n’y avait pas pour les manifestants un autre moyen de dénoncer la barbarie qui se commettait en RDC. Les manifestants ne pouvaient pas occuper le domaine public sans porter atteinte à l’ordre public suisse et sans perturber la circulation dans le périmètre de l’ambassade de RDC.

Le sit-in du 10 décembre 2011 n’a pas porté atteinte à l’ordre public.

Alors que le peuple congolais était massacré par les hommes de main de Kabila, le chargé d’affaires n’a pas protesté contre ces actes atroces. Les Congolais de Suisse qui ne pouvaient pas être au Congo pour montrer leur sympathie aux victimes de la répression devant les caméras du monde entier, ont manifesté leur solidarité dans l’enceinte de leur ambassade à Berne. C’était leur seule façon de porter secours à leurs compatriotes massacrés au Congo.

Cette circonstance est un fait justificatif qui rend licite le comportement de l’opposant, toute poursuite pénale contre lui pour violation de domicile doit être abandonnée. Le bien juridique qu’il voulait protéger, la vie de ses compatriotes congolais prime sur le patrimoine, l’ambassade, du reste propriété de la République Démocratique du Congo, son pays.

Le seul moyen de dénoncer dans les circonstances de force majeure dans lesquelles les manifestants se trouvaient le génocide en RDC était de se rassembler pacifiquement dans l’enceinte de l’ambassade de RDC pour éviter de perturber la circulation dans le périmètre de l’ambassade ou de perturber l’ordre public suisse.

L’ordonnance querellée doit être annulée d’autant que lors de la manifestation du 10 décembre 2011, plusieurs membres de la communauté congolaise de Suisse venaient d’apprendre qu’ils avaient perdu des membres de leurs familles restés en RDC ou que ces derniers avaient été gravement blessés ou torturés.

4. Culpabilité et les conséquences peu importantes

L’opposant n’avait pas l’intention de violer le domicile de l’ambassade. Au demeurant, il est congolais et l’ambassade constitue une partie du territoire national auquel il a droit d’accéder.

A l’ambassade de la RDC, il n’y a eu ni violences physiques contre les personnes ni casse sur les bâtiments de l’ambassade. Votre ordonnance reconnaît que les manifestants chantaient et dansaient. De la part de l’opposant et de celle des autres Congolais qui manifestaient pacifiquement avec de banderoles exprimant la douleur et la souffrance, leur présence n’a pas causé un quelconque dommage à l’ambassade. Au demeurant, le dommage qu’aurait subi le chargé d’affaire a.i. et le personnel de l’ambassade est peu d’importance comparé à des milliers de morts au Congo et l’immense chagrin des membres de la communauté congolaise de Suisse qui venaient d’apprendre la mort des membres de leurs familles en RDC. La manifestation était organisée pour dénoncer ce génocide du peuple congolais.

Considérant tous ces éléments, il convient d’annuler votre ordonnance pénale du 30 novembre 2012 ou de prononcer le classement de la plainte pénale du chargé d’affaires a.i. qui veut se servir de la justice suisse pour empêcher les Congolais de manifester pacifiquement pour dénoncer le génocide du peuple congolais et la violation de la démocratie au Congo. Votre Ministère public ne peut pas par son ordonnance cautionner un tel comportement des fossoyeurs de la démocratie et des droits de l’homme au Congo.

Je vous prie de croire, Monsieur le Procureur fédéral adjoint, à l’assurance de ma considération respectueuse.

Jean-Claude Kalala

28/10/2012

Affaire Ambassade de Berne: Le torchon brûle entre Sébastien Mutomb Mujing et des Congolais en Suisse

Affaire Ambassade de Berne: Le torchon brûle entre Sébastien Mutomb Mujing et des Congolais en Suisse

Depuis des lustres, la République démocratique du Congo n'a pas d'ambassadeur accrédité en Suisse. Elle n'a qu'un chargé d'affaires a.i, Ad vitam æternam, le dénommé Sébastien Mutomb Mujing à la Mission Permanente de l'ONU, qui occupe un petit appartement deux pièces transformé en bureau dans un immeuble que la Confédération helvétique à mis à la disposition de la République démocratique du Congo, qui se situe derrière l'hôtel Intercontinental à Genève. La diplomatie sans dents caractérise la Mission permanente de la République démocratique du Congo à Genève. Cette diplomatie est mollassonne, sans épaisseur ! L'absenteisme caractériel de Sébastien Mutomb Mujing au Conseil des droits de l'homme, ne se justifie pas. Si par un hasard, il s'y rend et doit intervenir, avec sa voix casserole enrouée, non seulement on ne comprends pas ce qu'il dit et de quoi il parle, on finit par s'arracher les cheveux. On peut défendre son pays, sans défendre un régime, surtout s'il est issu des élections frauduleuses. Un régime qui tue, pille, vole et viole...Un régime assassin ! Sébastien Mutomb Mujing assène des contre-vérités et brouille des pistes sur la situation de la République démocratique du Congo. Et pourtant, il aurait profité de la place qu'occupe Genève, pour mieux faire entendre la voix de la République démocratique du Congo.

Sébastien Mutomb Mujing, Chargé d'Affaires de la République démocratique du Congo à la Mission Permanente de l'ONU

Parler de Genève en tant que ville de paix est presque une évidence, tant est intense le lien entre la ville - son histoire, sa culture - et sa vocation universelle. Genève dans son rôle de ville hôte des organisations internationales est appelée "la Genève internationale".

Elle accueille différents types d'organisations qui traitent de domaines aussi variés que l'action humanitaire, le commerce, les droits de l'homme, l'environnement et le développement durable, la formation et l'éducation, le maintien de la paix et de la sécurité, la météorologie, la propriété intellectuelle, la recherche nucléaire, la santé, les télécommunications et le travail.

La Genève internationale, au sens large, est composée par des organisations internationales (gouvernementales ou non-gouvernementales), par les représentations d'Etats étrangers auprès des organisations et par le personnel de ces entités.

En 1920, 200 diplomates et fonctionnaires internationaux travaillaient à Genève. Aujourd'hui, ils sont quelque 40'000, chiffre auquel il convient encore d'ajouter quelque 2400 employés des organisations non-gouvernementales (ONG).

Genève et New York, siège de l'Organisation des Nations Unies (ONU), sont les deux centres de coopération internationale les plus importants du monde.

Genève étant le plus grand en nombre de réunions. L'Office des Nations Unies à Genève (ONUG) est le centre de diplomatie multilatérale le plus actif du monde et il a été le théâtre de bien des négociations historiques. La Suisse est le siège de 36 organisations qui sont au bénéfice d'un accord de siège, d'un accord de nature fiscale ou d'un accord sur les privilèges et immunités signé avec le Conseil fédéral suisse.

Environ 250 organisations non gouvernementales (ONG) sont installées à Genève. Il s'agit par exemple du Conseil oecuménique des églises (COE), de la Fédération luthérienne mondiale (FLM) et de bien d'autres encore.

170 Etats étrangers (171 en comptant la Suisse) sont représentés à Genève et disposent d'une mission ou une représentation permanente auprès de l'Office des Nations Unies à Genève et des autres organisations internationales, de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et/ou de la Conférence du désarmement (CD).

La République démocratique du Congo a une ambassade à Berne, située sur l'avenue Sulgenheimweg 21, Case postal 5261, 3001 Berne. Notre ambassade donne l'impression d'une maison hantée, abandonnée. Une maison fantôme. Il n' y a jamais personne. Madame Thérese Nseka Koko, la chargée des affaires administratives, vient lorsqu'elle peut. Surchagée par le travail, plusieurs congolais attendent toujours le fameux passeport-biométriques de Tambwe Mwamba. On comprend la nevrosité qui colle à la peau de Madame Thérèse Nseka Koko. Au fronton de l'ambassade, le drapeau de la République démocratique du Congo est un blessé de guerre.

En début décembre 2011, les reporters de Réveil FM International et Kongo Telema avaient fait une descente à Berne pour découvrir l'ambassade la République démocratique du Congo.

Coup de bol, c'est le jour que le livreur est venu faire la livraison de la commande des chaussures de Madame Thérèse Nseka Koko! Ne trouvant personne les chaussures de 490 CH ont été déposées à la porte de l'ambassade.

La clôture en bois de l'ambassade laissée à désirer, le drapeau de la République était un blessé de guerre, les plantes rampantes avaient rampé jusqu'à proximité de la porte, l'ambassade de la République démocratique avait l'allure d'une maison fantome et abandonnée.

La facture Zalando.ch (vente par Internet) de trois paires de chaussures de Madame Thérèse Nseka Koko, commande effectuée le 6 décembre 2011, livrée à l'ambassade de la RDC à Berne. Photo Réveil FM

Les trois paires de chaussures de Madame Thérèse nseka Koko ont couté 409,90 CH. Photo Réveil FM

Abandonné par le livreur à la porte de l'ambassade, un carton ouvert. Photo Réveil FM

Les trois paires de chaussures de Madame Thérèse Nseka Koko. Photo Réveil FM

Madame Thérèse Nseka Koko, chargé adminstrative à Berne. Photo Réveil FM, archives

Regardez bien cette vidéo pour constater dans quel état était notre ambassade le 6 décembre 2011

En guise d'application de l'article 64 de la Constitution de Liège qui régit la République démocratique du Congo car adoptée le 18 février 2006 et qui stipule: "(...) Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d'invidus qui prend le pouvoir par la force ou qui l'exerce en violation des dispositions de la présente Constitution...(...)"Le 10 décembre dernier, une trentaine de Congolais de la Suisse s'étaient donnés rdv à l'ambassade de la RDC à Berne pour protester contre le hold-up de Joseph Kabila ochestrée et programmée par Daniel Ngoyi Mulunda et sa bande de la CENI. Ils étaient entrés normalement dans cette ambassade hantée, ils avaient chanté, dénoncé l'imposture et l'usurpation de Kadogo Joseph Kabila. Les Congolais se sentaient chez eux, forte erreur. La police suisse était venue pour déguerpir les Congolais dans leur propre ambassade, munis de gaz lacrymogène, ils ont gazé les Congolais dans l'enceinte de l'ambassade. Ils y avaient des femmes et des hommes. Regardez ce qui s'était passé ce jour là.

L'occasion faisant le larron, Sébastien Mutomb Mujing chargé d'affaires a.i, Ad vitam æternam impayé par le régime de Kinshasa s'est empressé d'aller porter plainte à la police contre ses compatriotes qui n'étaient à l'ambassade de la RDC pour manifester leur indignation contre le vol électoral. Les Congolais sont accusés d'émeute (art.260 CP),violation de domicile (art.189 CP), dommages à la propriété (art.144 CP) et insoumission à une décision de l'autorité (art.292 CP). Alors que l'ambassade de la RDC à Berne était une maison abandonnée, pour faire marcher les assurances suisses, Sébastien Mutomb Mujing s'est empressé de faire des travaux à l'ambassade qui s'élevent à 6.800 CHF.

La justice suisse réclame à chaque Congolais interpellée dans l'encente de l'ambassade de la RDC à Berne, la somme de 210 CHF. Or la majorité de Congolais ont fait opposition et réfusent de payer cette somme. Ils réfutent les accusations d'émeute, violation de domicile, dommages à la propriété et insoumission à une décision de l'autorité. Non pas que la somme soit exhorbitante mais par principes et convictions politiques.

Au procureur fédéral suppléant, Ludoc Schmied qui instruit le dossier, les Congolais ont clairement dit que l'ambassade de la RDC à Berne est une propriété de la République appartenant à tous les Congolais et non la propriété de Sébastien Mutomb Mujing fut-il Chargé d'affaires a.i, Ad vitam æternam. Le 10 décembre 2010, ils ont manifesté leur indignation dans la maison commune de la RDC et non contre la Suisse ni son peuple. Les Congolais sont en résistance contre le pouvoir usurpateur et imposteur de Kinshasa.

Chaque Congolais qui a été entendu a trimbalé devant le procureur Schmied, des coupures des journaux, des DVds sur la situation des droits de l'homme, de pillages, viols des femmes, crimes, exploitation des minerais en la République démocratique du Congo.

Même le reportage du Petit journal de Canal + sur l'humiliation de Joseph Kabila par François Hollande lors du Sommet de la Francophonie à Kinshasa fait partie du lot !

Les Congolais souhaitent plaider au tribunal d'aller la cause du Congo. Leur démarche est politique et ils ne reconnaissent pas le régime assassin, mafieux et dictactorial que soutient Sébastien Mutomb Mujing.

En Suisse, Sébastien Mutomb Mujing s'est mis la communauté congolaise sur le dos. Tout le monde attend la décision finale du procureur Ludovic Schmeid. Mais les Congolais sont prêts à aller au tribunal pour affronter Sébastien Mutomb Mujing et le régime qu'il défend !

26/10/2012

Tentative d'assassinat de Dr. Denis Mukwege à Bukavu, Joseph Kabila ne connait pas non plus le docteur des femmes violées ?

Tentative d'assassinat de Dr. Denis Mukwege à Bukavu, Joseph Kabila ne connait pas non plus le docteur des femmes violées ?

Un gouvernement responsable protège tous ses citoyens. Et il veuille à ce que l'élite du pays ne soit pas décapiter. Or que voyons-nous en République démocratique du Congo, on tue, on assassine, on zigpouille l'élite congolaise: activistes des droits de l'homme, journalistes, acteurs politiques de l'opposition. Et le gouvernement d'Augustin Matata Pognon, le Vuvuzélateur Lambert Mende et autres apparatchiks Joséphistes s'en pressent pour se disculper: Joseph Kabila ne connaissait pas Floribert Chebeya, il ne connait pas non plus le docteur des femmes violées Denis Mukwege revenant d'un séjour en Europe qui a été violemment agressé le jeudi 25 octobre dans la soirée à Bukavu ? Nous avons à faire au Congo à une bande mafieuse, des usurpateurs-imposteurs qui ont pris les institutions de la République en otage et ils nous soulent avec des discours mensongers, des balivernes à dormir debout. Après Floribert Chebeya, le soldat des droits de l'homme au Congo, originaire de Bukavu, assassiné par le régime dictatorial de Joseph Kabila en juin 2010, faut-il assassiner le Dr. Denis Mukwege à Bukavu ? Ses prises de position contre la guerre dans l‘est de la RDC et ses critiques répétées à l'encontre des groupes armés qui y font régner la terreur ont-elles failli coûter la vie au docteur Denis Mukwege, directeur de l’hôpital de Panzi ? Les agresseurs, qui ne portaient pas d’uniformes, se sont introduits dans la maison du docteur alors qu’il était absent, rapporte l'ONG.

Dr.Denis Mukwege à l'hôpital de Panzi à Bukavu

Quand une heure et demie plus tard, celui-ci est arrivé chez lui, un des hommes armés a tenté de le forcer à sortir de son véhicule. Un agent de sécurité posté devant la demeure du docteur a alors tenté d’intervenir, mais le gardien a été abattu d’un coup de feu tiré à bout portant. Les assaillants ont ensuite visé Denis Mukwege, sans parvenir à l’atteindre. Le médecin ne devrait son salut qu’à la mobilisation des habitants du quartier qui se sont portés à son secours alors qu'il avait été brièvement ligoté par les assaillants.

Discours aux Nations Unies du 25 septembre 2012 par le Dr. Denis Mukwege

Discours aux Nations Unies du 25 septembre 2012 par le Dr. Denis Mukwege

Excellences Messieurs les Ambassadeurs,

J’aurais voulu commencer mon discours par la formule habituelle : « j’ai l’honneur et le privilège de prendre la parole devant vous. »

Hélas ! les femmes victimes de VS de l’Est de la RDC sont dans le déshonneur. J’ai constamment sous mes yeux les regards des vieillardes, des filles , des mères et même des bébés déshonorés. Aujourd’hui encore, plusieurs sont soumises à l’esclavage sexuel ; d’autres sont utilisées comme arme de guerre. leurs organes sont exposés aux sévices le plus ignoble.

Et cela dure depuis 16 ans ! 16 ans d’errance ; 16 ans de torture ; 16ans de mutilation ; 16 ans de destruction de la femme, la seule ressource vitale congolaise ; 16 ans de déstructuration de toute une société. Certes, vos états respectifs ont fait beaucoup en terme de prise en charge des conséquences de ces barbaries. Nous en sommes très reconnaissant.

J’aurais voulu dire « j’ai l’honneur de faire partie de la communauté internationale que vous représenter ici » Mais je ne le puis.

Comment le dire à vous, représentant de la communauté internationale quand, la communauté internationale a fait preuve de peur et de manque de courage pendant ces 16 ans en RDC.

J’aurais voulu dire « j’ai l’honneur de représenter mon pays. », mais je ne peux pas non plus.

En effet, comment être fier d’appartenir à une nation sans défense ; livrée à elle-même ; pillée de toute part et impuissante devant 500.000 de ses filles violées pendant 16 ans ; 6000000 de morts de ses fils et filles pendant 16 ans sans qu’il y aucune perspective de solution durable.

Non, je n’ai ni l’honneur ; ni le privilège d’être là ce jour. Mon cœur est lourd.

Mon honneur, c’est d’accompagner ces femmes Victimes de Violence courageuses ; ces femmes qui résistent, ces femmes qui malgré tout restent débout.

Aujourd’hui grâce au rapport des experts des nations Unies , au Mapping report du haut commissaire aux droits humain des nations unies et beaucoup d’ autres rapports crédibles , plus personne ne peut se cacher derrière l’argument de la complexité de la crise. Nous savons donc désormais les motivations de cette crise et ces différents acteurs. Ce qui fait défaut c’est la volonté politique.

Mais jusques à quand ? Jusques à quand devons nous encore assister impuissants à d’autres massacres?

Excellences,Messieurs les Ambassadeurs ; c’est avec une grande humilité que je vous dis, vous savez !

On a pas besoin de plus de preuve, on a besoin d’une action, une action urgente pour arrêter les responsables de ces crimes contre l’humanité et les traduire devant la justice. La justice n’est pas négociable On a besoin de votre condamnation unanime des groupes rebelles qui sont responsables de ces actes, on a besoin des actions concrètes à l’encontre des états membres des nations unies qui soutiennent de près ou de loin ces barbaries.

Nous sommes devant une urgence humanitaire qui ne donne plus place à la tergiversation.

Tous les ingrédients sont réunis pour mettre fin à une guerre injuste qui a utilisé la violence et le viol de femmes comme une stratégie de guerre. Les femmes congolaises ont droit a une protection à l’instar de toutes les femmes de cette planète.

Vouloir mettre tous ces rapports crédibles dans le tiroir de l’oubliette sera porté une atteinte grave à la crédibilité de différentes résolutions des nations unies exigeant la protection des femmes en période des conflits et donc décrédibiliser toute notre chère institution qui pourtant est censée garantir la non répétition du génocide.

Les acquis de la civilisation reculent; ils reculent par les nouvelles barbaries comme en Syrie et en RDC; mais aussi par le silence assourdissant et le manque de courage de la communauté internationale.

Nous ne saurions pas taire la vérité car elle têtue, nous devrions plutôt l’affronter pour éviter de trahir nos idéaux.

J’ai l’honneur de dire que le courage des femmes VVS de l’Est de la RDC finira par vaincre le mal.

Aidez-le à retrouver la paix !

 

Je vous remercie.

Denis Mukwege, Médecin Directeur, Hôpital de Panzi, Bukavu-RDCongo